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buffymusing

Vendredi 12 août 2005

J'ai découvert BTVS, un peu par hasard lors d'un séjour en immersion totale dans une famille canadienne. C'était en 1997, j'avais 17 ans. J'ai passé un mois dans une famille adorable mais pas forcément toujours disponible pour s'occuper de moi à temps complet (ce qui était d'ailleurs aussi bien). J'avais donc le temps de regarder la télé, un moyen aussi efficace qu'un autre pour se former l'oreille à une langue étrangère. 

J'ai toujours aimé la science fiction, le fantastique et la fantasy (les genres dit de l'imaginaire en somme) mais à l'époque j'étais particulièrement interessée par tout ce qui touchait aux vampires (l'effet Anne Rice sans doute). Donc le simple fait que la série comporte le mot vampire (de toute manière je ne savais pas ce que voulait dire slayer) a suffi pour éveiller ma curiosité. Je ne sais plus sur quel épisode de la première saison je suis tombée et je suis un peu près sure que je n'ai compris qu'une toute partie de ce qui se passait. Cependant ce fut assez pour que, quelques mois plus tard, je sois décidée à ne pas rater les débuts de la diffusion française. Les premiers épisodes ont confirmé ce que j'avais pressenti au Canada : j'allais adorer cette série.

BTVS ne fut au départ qu'une série parmi d'autres séries américaines que j'appréciais. Rien de plus, rien de moins. Oui bon d'accord j'avais flashé sur David Borenaz mais tout comme j'avais flashé sur David Duchovny ou Noah While. Rien d'extraordinaire. Quoique en y réflechissant bien, pour une fois j'étais particulièrement séduite par le personnage principal (alors que d'habitude c'est les personnages sécondaires qui m'attirent), un personnage féminin qui plus est (chose rare dans la culture populaire vu la piètre qualité des personnages féminins en règle générale).

Et puis il y eu Becoming II. Un vrai choc. Tout d'un coup, certains détails se sont mis en place, comme la mort du principal Fluffy, dévoré par des éléves dans The pack, la tirade de Buffy  "j'ai 16 ans et je ne veux pas mourir" dans Prophecy Girl, la mort de Jenny Calendar dans Passion...Ce n'était pas un simple drame avec son lot de violons et de trompettes comme la télé propose si souvent. Il y avait un élement différent, que je n'ai consciemment identifié que plus tard mais qui fut indéniablement déterminant dans mon attachement à cette série : je retrouvais dans BTVS la cruauté des mythes grecs.

Si enfant j'ai vite été lassée par les contes, mon attachement à la mythologie grecque ne s'est jamais démenti.  Les contes et les mythes sont un moyen idéal d'aborder en toute sécurité la part sombre de la vie et de l'être humain. Ce sont des histoires horribles mais ce ne sont que des histoires, de la fiction. Mais de nos jours les contes ont tellement été revisités pour convenir à un public d'enfants qu'ils ont perdu en grande partie cette fonction. Les mythes grecs non. Ils ont gardé tout leur impact.

C'est donc à partir de la fin de la seconde saison que BTVS est devenu plus qu'une série TV pour moi. C'était une histoire qui avait trouvé une vrai résonnance dans mon imaginaire.

J'ai bien sur suivi avidement le reste de la série. C'est d'ailleurs grâce à BTVS que j'ai appris le sens du mot spoiler, car l'une des premières choses que je fis en découvrant le net fut de rechercher ce qui allait se passer dans les épisodes non encore diffusés en France.

BTVS est la seule série pour laquelle j'ai investi dans les coffrets DVD. Cette nouvelle approche m'a permis de découvrir des choses que je n'avais pas encore forcément remarqué. J'ai écumé le net beaucoup plus sérieusement, recherchant plus que de simples informations. Cette fois-ci c'était des reflexions que je voulais. Et j'ai été servi au delà de mes espérances quand j'ai découvert des sites comme slayage tv qui propose de nombreux articles d'universitaires tout ce qui y a de plus sérieux et d'autres sites proposant des analyses mettant en avant les interprétations métaphoriques, philosophiques ou éthiques de la série. Et mon interet pour BTVS en a été renforcé.

Aujourd'hui après avoir regarder plus attentivement la série et avoir lu différents avis, j'en suis arrivée à avoir ma propre vision de BTVS. Pour l'instant cette vision manque encore de structure globale mais j'espère bien y remedier et organiser mes idées grâce à ce blog.

Par elimor
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Vendredi 12 août 2005

BTVS est l'histoire d'une fin et l'origine d'un commencement

Les scénaristes de Buffy ont mis 7 ans à détruire leur postulat de base : une seule fille, élue, qui seule à la force et l'habileté nécessaire pour se battre contre les vampires et autres forces démoniaques.

Tout au long de la série, le personnage de Buffy va reposer sur une dualité : Buffy est une jeune fille (puis une jeune femme) différente des autres car elle est la tueuse. Buffy est une tueuse différente des autres (de celles qui l'ont précédée) car elle n'a pas renoncé à son identité de jeune fille. C'est grace à cette dichotomie (qui va sacrément lui compliquer la vie) qu'elle aura la possibilité de changer son destin, ainsi que le destin de toutes les tueuses à venir.

Lors des 3 pemières saisons, alors que Buffy va au lycée comme toute les adolescentes normales, on nous présente les caractéristiques d'une tueuse.

Saison 1 : La tueuse à une espérance de vie très, très courte. A la fin de la saison, Buffy meurt pour la première fois. Heureusement pour elle, ce n'est pas une tueuse comme les autres, elle peut donc compter sun un de ses amis pour la ramener parmi les vivants grâce à un massage cardiaque et du bouche à bouche.

 

Saison 2 : La tueuse est fondamentalement seule. Pourtant avec l'arrivée d'une seconde tueuse, Kendra (évenement possible parce que Buffy est morte. Pendant quelques miniutes seulement, mais ca a suffi) et le groupe de ses amis qui s'élargit (avec l'entrée définitive de Cordélia dans le gang des scoobies puis l'arrivée de Oz) on aurait pu croire le contraire. Mais a la fin de Becoming II, lorsqu'elle combat Angelus pour l'ultime fois, elle a été dépossédée de tout ce qui fait d'elle une jeune fille : amis, petit ami, seconde tueuse, observateur, famille, statut de lycéenne...Il ne lui rien reste de tout ça. Elle est seule et elle ne peut compter que sur elle-même ( "Now that's everything, huh ? No weapons...No friends...No hope. Take all that away...and what's left ?"  "Me"). Cette leçon marquera durablement Buffy, on en retrouvera des échos jusqu'à la saison 7.

 

Saison 3 : Une tueuse ne choisit pas d'être ou non une tueuse. Elle peut juste choisir quel genre de tueuse elle veut être. Le personnage de Faith en est la preuve. Ni l'une ni l'autre ne peuvent renoncer à leur pourvoir et leur état. Une tueuse peut choisir de devenir une tueuse renégate, elle peut choisir de devenir froide, presque inhumaine dans l'exercice de sa mission (comme la Buffy de l'univers alternatif de The Wish) ou bien de préserver au maximum les liens qui la rattachent au commun des mortels, comme Buffy le fait. Néanmoins quelque soit l'option choisie, une tueuse reste une tueuse.

 

Saison 4 : Après s'être retrouvée irrémédiablement coincée dans son état de tueuse, Buffy fait tout pour donner la priorité à la jeune fille qui est en elle dans la saison 4. Elle va à l'université, se trouve un nouveau petit ami, envisage (brièvement) de transformer sa destinée en carrière. Et même lorsqu'elle s'éloigne temporairement de ses amis de lycée, ce n'est pas la tueuse qui est en cause, mais la jeune fille qui élargit son horizon.

La fin de la S4 est l'exact opposé de la fin de la S2. Ce n'est pas la tueuse qui se bat contre Adam mais une entité composée de la main (Buffy), l'esprit (Willow), le coeur (Xander) et l'intelect (Gilles). Et dans Restless, en rejetant la première tueuse, c'est l'essence de la tueuse que Buffy rejete (alors qu'a la fin de la S2 en fuguant loin de ses amis et de sa mère, c'était l'essence de la jeune fille qu'elle rejetait).

 

Saison 5 : Lorsque que débute cette 5ème saison, Buffy a connu les deux extremes, a expérimenté pleinement les deux états qui cohabitent en elle. Ce n'est donc pas surprenant que ce soit pendant cette saison qu'elle est amenée pour la première fois à être simultanément la tueuse et la jeune fille, à s'élever au dessus de  cette opposition pour créer un troisème état : la jeune fille tueuse. Tout au long de la saison, deux thématiques se développent : la famille et la mort. La famille concerne la jeune fille et la mort concerne la tueuse. Néanmoins c'est l'année où les barrières entre la tueuse et la jeune fille (qui d'ailleurs va devoir devenir jeune femme) doivent tomber donc les thématiques ne sont pas si clairement délimitées que ça.

C'est parce que Buffy est la tueuse qu'elle va connaître un des deux grands bouleversement familliaux de la saison : elle va se retrouver avec une petite soeur de 14 ans, Dawn (en fait c'est une énergie mystique, une clé capable d'ouvrir les portails entre les différentes dimensions. Pour la protéger et qu'elle ne tombe pas dans de mauvaises mains, des moines l'ont envoyée à Buffy sous forme de soeur). Et la mort va affecter de plein fouet la jeune fille : le décès de la mère de Buffy. A partir de là, ce n'est plus une tueuse qui protége une clé, mais une jeune femme qui protége sa petite soeur en endossant le rôle de mère de substitution. La tueuse, elle, doit protéger le monde d'une déesse mégalo. A la fin de la saison, les deux missions rentrent violemment en conflit : sauver Dawn ou sauver le monde. Accomplir sa mission de protection de mère ou accomplir sa mission de protection de tueuse. Au dernier moment, Buffy trouve le moyen d'accomplir les deux missions et de réconcilier pleinement pour la première fois ses deux états. Bon, c'est la première fois, c'est pas parfait puisque c'est au détriment de sa vie. Buffy doit se sacrifier. Mais c'est un début (quoique que pour la vie de Buffy c'est plutôt une fin)

 

Saison 6 : Buffy est donc morte pour la seconde fois et cette fois-ci elle a même une tombe, une pierre tombale et une jolie épitaphe pour le prouver. Mais Buffy a des amis qui tiennent beaucoup à elle. Ils effectueront donc un rituel pour la ressusciter au début de la 6ème saison. Cependant c'est "la guerriere du peuple" (warrior of the people) qu'ils ressuscitent, la tueuse. Le jeune femme, elle, mettra un an à renaître.

 

Saison 7 : La tueuse et la jeune femme sont de nouveau d'attaque. Ca commence plutôt bien pour la jeune femme : elle s'occupe de sa soeur, elle a un nouveau boulot beaucoup plus gratifiant que le précédent. Mais cette fois-ci l'ennemi que Buffy doit affronter est tellement puissant, que la tueuse est obligée de prendre de plus en plus d'importance, grignotant peu à peu la place de la jeune femme. La jeune femme s'efface au profit de la tueuse Géneral. Elle n'a plus des amis mais des soldats sous ses ordres. Problème, la tueuse a beau s'affirmer de plus en plus, ce n'est pas suffisant et ca la mène droit à un carnage annoncé.

Parce qu'elle a été une jeune fille, parce qu'elle n'a pas toujours été seule comme toutes les autres tueuses, elle a la possibilité d'envisager le moyen de battre l'ennemi. Elle va partager son statut de tueuse avec toute les filles qui ont la possibilité de devenir une tueuse. Elle crée une armée de tueuse. La conséquence, c'est qu'elle n'est plus la seule et elle peut dorénavant avoir la possibilité d'être et une jeune femme et une tueuse car le fardeau de la tueuse n'a plus du tout la même ampleur. Certes son destin est toujours de protéger le monde, d'être une super-héroïne mais les tueuses sont mainteant assez nombreuses pour avoir le loisir de laisser s'exprimer les femmes qui sont en elles, sans craindre de mettre en péril leur mission.

C'est un nouveau départ, une nouvelle histoire qui s'annonce pour la lignée des tueuses.

Par elimor
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Mercredi 17 août 2005

Dans beaucoup d'oeuvres qui proposent de suivre les aventures d'un groupe de personnes, chaque personnage a un rôle et des caractéristiques propres, créant ainsi une complémentarité entre les membres du groupe.

BTVS ne fait pas exception à cette règle. Deux épisodes nomment explicitement le rôle des 4 personnages principaux (Buffy, Willow, Xander et Gilles) et en fait un élément centrale de l'intrigue. Ces deux épisodes sont Primeval et Restless, les deux derniers épisodes de la quatrième saison. Dans Primeval, nos héros battent le grand méchant de la saison en combinant leur différence, leur caractéristiques propres en une seule entité. Lors du rituel qui rend l'existence de cette entité possible, Buffy est nommée la main, Willow l'esprit, Xander le coeur et Gilles l'intellect. Dans Restless, la première tueuse s'en prend aux 4 héros dans leur rêve. Elle aspire l'esprit de Willow, elle arrache le cœur de Xander, elle ouvre le crâne de Gilles et s'engage dans un combat à mains nues avec Buffy. Elle s'attaque à l'essence de chaque personnage, ce qui est particulièrement intéressant dans la mesure où Restless (dernier épisode d'une saison qui sert de transition entre les 3 années centrées sur l'adolescence et les 3 années centrées sur les débuts de la vie adulte) est un épisode pivot. Il sert à faire le point sur l'évolution des personnages jusque là et annonce leurs futurs développements.

On pourrait donc dire que la définition fondamentale de ces 4 persos est la main, l'esprit, le coeur et l'intellect. Cependant ce serait une erreur de les réduire à cette simple définition car dans BTVS, le maître mot en ce qui concerne les personnages semble être le changement. Et si on regarde la série dans son ensemble, force est de constater que les personnages ont bien changé en 7 ans.

L'évolution des 4 personnages principaux suit 3 axes narratifs distincts qui s'emboîtent les uns dans les autres. Deux sont communs, tandis que le 3ème est spécifique à chaque personnage.

Le premier est l'axe grandir / mûrir. Les 3 adolescents deviennent des adultes et l'adulte mûrit. C'est particulièrement visible dans l'évolution de la structure familiale (métaphorique) que représente Buffy, Willow, Xander et Gilles. Buffy est la petite dernière, Willow la soeur, Xander le grand frère et Gilles le père. Puis l'arrivée de Dawn et la mort de Joyce change la donne. Buffy, puis Willow deviennent des mères. Xander devient l'oncle et bien que ce n'ait pas d'incidence directe sur le foyer de Dawn il est le seul des ex-ado qui représente une source de revenue. Il est aussi celui qui s'occupe du confort matériel en réparant ou faisant réparer la maison des Summers grâce à son métier de maçon. Gilles, lui, devient le grand père (même si ce n'est pas sans mal pour Buffy qui voudrait que Gilles continue a assurer un rôle de père auprès de Dawn. Mais il faut bien respecter la logique des générations).

Le second axe est les blessures infligées par un combat sans fin. Pendant 7 ans, Buffy, Willow, Xander et Gilles livrent une guerre constante aux forces démoniaques. Qui dit guerre, dit horreurs, coups, blessures et décès. Une guerre change les soldats, même les héros et pas spécialement pour le meilleur. On ne peut espérer endurer une guerre et rester insensible à ce qui arrive. Au bout d'un moment c'est juste trop. Buffy, la plus exposée aux combats, est la première à en ressentir les effets mais ils vont tous dépasser leur point de non retour à un moment donné. Ils deviennent l'ombre d'eux même pour ne jamais redevenir complètement ceux qu'ils ont été. C'est tout le propos de la fin de la saison 5 et des saisons 6 et 7. J'ai lu un article qui définissait la sixième saison comme un jeu de massacre psychologique et je trouve que c'est tout a fait ça. Dans la septième saison ils essaient plus ou moins de se reconstruire. C'est la saison du retour aux origines (back to the beginning). Mais la guerre continue et ils se sont tous les 4 perdus au delà de tout espoir de retour total. Ils pourront retrouver quelques parties de ce qu'ils furent mais c'est tout (si on fait le lien avec le premier axe, c'est la métaphore de grandir. Devenir adulte c'est d'une certaine façon tuer l'enfant en nous. Une fois adulte, on peut garder des parts de l'enfant que nous fûmes mais on ne peut pas redevenir des enfants. L'enfance est définitivement derrière nous).

Le troisième axe est le voyage personnel de ces 4 personnages. Buffy est jeune fille / femme qui a le pouvoir et qui apprend ce que ca veut dire et comment elle veut s'en servir. Willow est une jeune fille / femme à la conquête du pouvoir (les deux évolutions sont liées à la métaphore du féminisme). Xander  cherche quels peuvent être sa place, son rôle et sa valeur dans un environement où il est celui qui a le moins de pouvoir (encore une évolution liée à la métaphore du féminisme mais cette fois-ci sous l'angle des nouveaux rapport,s rôles et comportements masculin / féminin). Gilles lui essaye de gérer son rôle de père et la place qu'a ce rôle dans sa vie d'adulte (une évolution liée à une réflexion sur l'éducation).

 

Autour des quatre personnages principaux gravitent une kyrielle de personnages secondaires qui constituent l'entourage immédiat de Buffy, Gilles, Willow et Xander. Ils arrivent, ils partent, ils meurent et reviennent, ou non. Angel et Cordélia (présents dès le premier épisode) partent à la fin de la 3ème saison. Oz est introduit lors de la deuxième saison et part lors de la quatrième. Jenny est là dès la première saison mais meurt dès la seconde. Faith arrive pendant la troisième saison, part pendant la quatrième et revient à la fin de la septième. Anya apparaît lors de la 3ème saison mais ne voit son rôle se développer qu'à partir de la quatrième. Spike apparaît lors de la seconde saison en tant qu'ennemi, revient brièvement lors de la troisième et entre dans le cercle de la tueuse qu'à partir de la quatrième. Riley n'est présent que pendant la 4ème saison et la première moitié de la saison 5, il fait cependant une courte apparition lors de la saison 6. Tara arrive pendant la quatrième saison et meurt à la fin de la sixième. Dawn apparaît au début de la cinquième saison, saison où Joyce meurt. Andrew est  d'abord un ennemi lors de la sixième saison avant d'entrer dans le cercle lors de la septième. En tout ,12 personnages qui seront présents à un moment ou à un autre aux côtés de Buffy dans son combat et qui constituent l'entourage sans cesse variable de la tueuse. Sachant qu'une bonne partie de ces personnages évoluent eux aussi au fil des ans, les trajectoires sont multiples et les mouvements constants.

Au bout du compte, en ce qui concerne les personnages, on se retrouve avec une véritable dynamique du changement. 

 

 
Par elimor
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Mercredi 17 août 2005

Si les personnages sont toujours en évolution dans BTVS, il y a certains éléments qui restent très stables. Ces éléments servent souvent de balises aux scénarios.

Il y a tout d'abord une unité de lieu assez forte. Il doit n'y avoir qu'une dizaine d'épisodes sur toute la série qui proposent des scènes (seulement des scènes, jamais un épisode entier) qui se déroulent ailleurs qu'à Sunnydale, et encore dans ces 10 épisodes je compte ceux qui contiennent des flash-back historiques. Et si au cours des ans on est amené à découvrir une bonne partie de la ville, certains lieux sont automatiquement associés à des actions qui reviennent dans presque tous les épisodes. Qui dit patrouille dit cimetière, qui dit recherche dit bibliothèque (S1-S3), appartement de Gilles (S4),Magic box (S5 et S6) et maison des Summers (S7, de toute manière la maison des Summers est le lieu centrale de la S7) et qui dit sortir le soir dit Bronze.

Ensuite certains développements scénaristiques sont repris plusieurs fois et deviennent des règles quasiment immuables du Buffyverse.

- L'anniversaire de Buffy est toujours une catastrophe

- Halloween est censé être un jour de trêve pour les activités démoniaques, sauf qu'il y a toujours quelqu'un pour oublier cette règle.

- Si Xander plaît à une femme c'est que cette femme est un démon.

- Le gag autour de la phobie des lapins d'Anya revient au moins une fois par an.

- Tous les pères sont des nazes. Pas un pour racheter l'autre. Sauf Gilles, mais ca doit être parce qu'il n'est qu'un père de substitution.

- Aucune histoire d'amour des 4 personnages principaux ne peut finir bien. Jamais. Pas de bonheur en amour pour eux sur le long terme et quand ca fini c'est toujours dans des conditions dramatiques.

 

Au delà de ces balises qui apportent une certaine permanence, les scénaristes ont réussi un univers souvent cohérent grâce à deux procédés : les annonces et la continuité.

Les annonce sont des indices (cryptiques) sur certains événements majeurs à venir.

- L'arrivée de Dawn (premier épisodes de la 5ème saison) est annoncée 3 fois dans des rêves prophétiques entre la fin de la saison 3 et la fin de la saison 4

- La mort de Buffy dans The Gift (saison 5, épisode22) est annoncée au moins 3 fois, elle aussi, à partir de la fin de la troisième saison.

- L'homosexualité de Willow que l'on ne découvrira que vers le milieu de la quatrième saison est annoncée dans la saison 3.

- L'épisode Restless (saison 4, épisode 22) par sa nature même (une étude de personnage) annonce une bonne partie de ce qui va se passer dans les 3 saisons suivantes. En fait Restless est un épisode nettement plus compréhensible lorsqu'on le regarde après avoir vu toute la série.

Si Whedon et son équipe de scénaristes ont su prévoir à l’avance les grandes lignes de l'histoire, ils ont été aussi très doués pour s'appuyer sur ce qui s'était déjà passé. Certains éléments apparemment mineurs peuvent prendre de l'importance des années plus tard. Tout comme certains personnages très, très secondaires.

Amy par exemple, est un personnage d'un épisode de la premier saison. Dans Gingerbread (saison 3, épisode 11) elle est transformée en rat et reste dans cet état pendant 3 ans. Elle est dératisée pour quelques secondes dans la saison 4, définitivement dans la 6ème saison où elle apparaît dans 2 ou 3 épisodes et on la revoit une ultime fois dans un épisode de la septième saison.

Jonathan est juste un peu plus qu'un figurant dans les 3 premières saison, a un épisode rien que pour lui dans la 4ème saison, revient en tant qu'ennemi tout au long de la saison 6, et fait quelques apparitions dans la saison 7.

On apprend que Spike a éliminé 2 tueuses dans School Hard (Saison 2 épisodes 3), dans Fool for love (Saison 5 épisode 7), on nous montre ces deux combats, et dans la saison 7, on apprend qu’une des tueuses était la mère d’un des nouveaux alliés de Buffy, ce qui débouche sur l’intrigue principale de Lies my parents told me (saison 7, épisode 17).

Quant au big bad de la septième saison, il a tout d’abord commencé par être le méchant du jour dans l’épisode Amends (saison 3, épisode 10). La liste n’est pas exhaustive et elle ne prend pas en compte les nombreux dialogues qui font références à des épisodes antérieurs (parfois vieux de 5 ou 6 ans).

En fait BTVS est une série qui se fait constamment référence et qui attend des spectateurs qu’ils n’oublient pas ce qui est arrivé les années précédentes.

 

Tous ces éléments servent de fils conducteurs et de points de repères dans l’univers qu’a crée Whedon. Ils offrent un cadre à l’intérieur duquel les personnages évoluent. Evidement un cadre peut aussi limiter l’action des personnages. Et ce n’est pas innocent si dans l’épisode finale, ce cadre est détruit. Buffy se libère du cadre de Sunnydale en même qu’elle se libère du cadre de sa destinée.

 
Par elimor
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Vendredi 19 août 2005

Il est difficile de passer à côté de la tonalité féministe de BTVS. Après tout, c'est pas tous les jours dans la culture populaire qu'on peut voir une femme sauver le monde grâce à ses supers pouvoirs (supers pouvoirs nettement plus volontiers attribués à des hommes). Si en plus la mission première de la super héroïne est de combattre les vampires, soit les prédateurs sexuels par excellence (la morsure d'un vampire est trop souvent codée comme un acte sexuel dans les œuvres qui leur sont consacrées, pour que la fait de mordre des victimes, par définition non consentantes, ne soit pas codé comme un viol), on a pas besoin d'être un génie pour comprendre que le thème du pouvoir des femmes est au centre de la série.

Dans BTVS, les personnages féminins marchent souvent sur des plates bandes réservées normalement aux hommes. Il y a de nombreux cas d'inversions des rôles traditionnels. Ca commence dès la première scène du premier épisode de la série, où l’on voit un couple d’ado qui s’aventurent de nuit dans les couloirs du lycée. L’atmosphère est inquiétante, et on s’attend à ce que la jeune fille soit bientôt poursuivie par un monstre. Surprise, la jeune fille (Darla) est le monstre et elle s’empresse de boire le sang du garçon et de le tuer.

Après il y a Buffy elle-même, bien sur, qui adopte un rôle la plupart du temps codé masculin. Pas tant dans le fait qu’elle soit une super héroïne finalement que dans la nature de ses pouvoirs. Après tout elle pourrait être une super sorcière comme le deviendra Willow, avoir des dons paranormaux (télékinésie, pouvoir déchaîner les éléments, un pouvoir sur le feu par exemple pourrait être très utile) mais non. Ses pouvoirs consistent essentiellement en une force physique hors du commun, une aptitude au combat et une habileté à manier les armes très au dessus de la moyenne. Les attributs classiques du guerrier en fait.

Ensuite il y a un personnage comme Faith, elle aussi une tueuse. En plus d’être une guerrière, la violence, la chasse l’excite. Elle aime ça. Elle est dominatrice. Tout comme les vampires qu’elle doit tuer, elle a tendance à être un prédateur sexuel et pas à la manière des femmes fatales. Elle ne séduit pas, elle s’impose.

A l’inverse, on a Xander, qui se retrouve souvent dans le rôle de la demoiselle en détresse. Il n’est d’aucune aide dans les combats et Buffy doit souvent le protéger ou le sauver.

Gilles, lui, a bien un rôle entièrement codé masculin, il est un mentor et un père de substitution. Et si Buffy doit venir à son secours de temps à autre, il sait se battre. Cependant ce n’est jamais en s’appuyant sur une quelconque autorité patriarcal qu’il éduque Buffy (de toute manière Buffy ne réagit pas bien à l’autorité). Leur relation est basé sur le respect, la confiance et le sens du devoir.

Cependant, le féminisme dans BTVS ne repose pas sur une simple inversion des rôles. Premièrement, parce qu’il est rare que l’inversion des rôles soit totale. Buffy, toute guerrière qu’elle soit, n’abandonne pas certaines préoccupations typiquement féminines dans les premières saisons comme faire du shopping, sortir avec ses amis ou trouver un petit ami. Plus tard, en prenant soin de Dawn elle endossera le rôle de mère (on peut pas faire plus féminin comme rôle). Dans sa relation avec Angel (tour à tour prince charmant ou monstre de la pire espèce), ce n’est pas forcément elle qui domine. Angel a parfois tendance à décider tout seul ce qui est le mieux pour eux deux. Xander, lui n’est pas tout le temps inutile dans les phases de combat. Il se retrouve avec des souvenirs militaires que seront déterminant à l’occasion (c’est lui qui a l’idée d’utiliser un lance rocket contre un démon ou qui dirige la troupe de lycéen lors de la remise des diplômes) et dans les dernières saisons il est l’homme de la maison (assez littéralement puisque son métier de maçon lui permet de réparer les nombreux dégâts que subit la maison des Summers). Spike, qui hérite d’une des inversions des rôles la plus choquante du buffyverse lorsqu’il se retrouve dans le rôle de la putain, n’abandonne cependant jamais sa nature de prédateur / chasseur (un prédateur pathétique avec cette hsitoire de puce, mais un prédateur quand même). Gilles qui n’use jamais de son autorité sur Buffy, n’hésite pas à s’en servir lorsque les intérêts de sa protégée sont en jeu (notamment face à Snyder lorsque ce dernier ne veut pas la réintégrer ou face à Spike à la fin de l’épisode Crush).

Ces inversions partielles sont certainement plus intéressantes que ne l’aurait été une inversion complète. Elles permettent une exploration de l’identité individuelle moins figée, qui ne repose plus seulement sur un type de comportement (masculin ou féminin) mais sur la possibilité d’adopter selon les situations un comportement codé féminin ou masculin. L’inversion partielle des rôles dans BTVS est une tentative de rendre la dualité homme / femme interne à chaque personnage, afin d’assouplir les frontières et les carcans de cette dualité.

 

Secondement, parce que dans la série, le féminisme repose beaucoup sur l’exploration de la relation des personnages féminins au pouvoir. Qui l’a, qui ne l’a pas, qui le veut, de quelle façon il est utilisé et dans quel mesure il est nécessaire. Buffy et Faith ont le pouvoir, Tara et Willow cherche à le conquérir, Anya commence par l’avoir, le perd, le retrouve pour le reperdre à nouveau et Dawn ne l’aura jamais (quoique que ce n’est pas vraiment exact).

Jusqu'à maintenant la plupart des thématiques féministes tournaient autour de la conquête du pouvoir par les femmes. Que ce soit le pouvoir sur elles mêmes (la possibilité de contrôler leur vie, de ne pas être asservies à la volonté des hommes) ou le pouvoir sur les autres (la possibilité d’influencer les autres que ce soit par des responsabilités envers un groupe ou une position de dirigeante). BTVS ne fait pas exception.

L’exemple le plus évident et certainement Tara. Tara est une sorcière, elle a toujours su qu’elle avait ce pouvoir, hérité de sa mère. Cependant sa famille (son père et son frère) ont voulu la garder complètement sous leur contrôle en déniant totalement que ce pouvoir pouvait être une bonne chose, en lui faisant croire qu’elle était un démon. Le problème de Tara n’était en fait pas tellement d’acquérir le pouvoir que de se servir de celui qui sommeillait en elle pour se détacher d’un environnement abusif. Pour Tara, comme pour beaucoup de femmes finalement, le problème n’est pas de savoir si elle a un pouvoir ou non mais de conquérir la possibilité de l’utiliser.

Willow a elle aussi un pouvoir qui sommeille en elle. Comme Tara, elle est une sorcière. Cependant, quand la série débute, elle ne le sait pas. Il faut attendre l’arrivée de Tara, lors de la quatrième saison pour qu’on se rende compte que Willow n’est pas en train d’acquérir un pouvoir mais qu’elle en train de découvrir le pouvoir qui est en elle. Tout comme pour Tara, le pouvoir de Willow fait partie de sa nature. Par contre la possibilité de l’exploiter à sa juste mesure fait partie de son apprentissage. Au départ, encore comme Tara, elle est surtout à la recherche du pouvoir sur elle-même. Elle veut pouvoir s’affirmer, être quelqu’un d’autre que la fille dont tout le monde se moque, prouver qu’elle n’est pas inutile et qu’il faut compter avec elle. Mais au fur et à mesure que son pouvoir grandit, elle dépasse sans vraiment s’en rendre compte le niveau du pouvoir sur elle-même pour atteindre le niveau du pouvoir sur les autres. Et c’est là que ca dérape. Elle a dépassé son but initial sans vraiment s’interroger sur les conséquences. Elle est tellement concentrer sur sa conquête du pouvoir qu’elle ne cherche pas à comprendre la nature du pouvoir. Du coup elle se laisse dominer (la magie devient une drogue) puis corrompre (Dark Willow) par le pouvoir. La conquête du pouvoir de Willow est rapide, le changement est trop brutal, elle brûle les étapes et ca fini dans une explosion de violence qui a faillit détruire de le monde. Un peu comme les révolutions. Les révolutions ne sont pas forcément une mauvaise idée, c’est parfois le seul moyen de faire enfin évoluer les choses, pour donner la première impulsion nécessaire au changement. Si les féministes n’avaient pas été radicales à un moment donné, on en serait encore au même point qu’il y a quelques décennies. Mais le radicalisme a ses limites, tout comme les révolutions. Si on ne fini pas par s’en détacher on arrive à une destruction aveugle et non pas à une évolution. Willow a été plutôt radicale dans sa façon de démontrer que le monde devait compter avec elle. Heureusement pour elle (et le Buffyverse) Xander a pu la stopper (au passage bien sur que c’est Xander et non pas Buffy qui doit stopper Willow. Si on continue avec la métaphore du féminisme, après avoir rejeter les hommes et tous ce qu’ils représentaient, il est temps que les féministes reconsidèrent la valeur qu’elles accordent aux hommes, soit quand même la moitié de l’humanité) et lui ouvrir la voie d’un chemin plus raisonnable. Un chemin où Willow ne perd pas le pouvoir qu’elle a conquis comme le prouve la fin de la septième saison. Elle a juste appris une autre façon d’envisager le pouvoir.

Dawn, Cordélia et Anya ont toutes les trois en commun de ne pas avoir un pouvoir qui leur permettent d’influencer la vie des autres. Et ce n’est pas spécialement un problème, car de toute manière la majorité des hommes n’ont pas ce pouvoir non plus. Par contre elles ont toutes les trois le pouvoir de contrôler leur vie. Je ne m’étendrais pas sur Cordélia car toute une partie de son développement se fait dans la série Angel plutôt que dans la série BTVS. Pour Dawn, élevée que par des femmes, qui plus est des femmes puissantes, ca lui vient tout naturellement en grandissant. C’est pour ca que dans Chosen, malgré le désaccord de Buffy, elle participe aux combats. Elle est assez grande pour prendre le contrôle sur sa vie, c’est donc à elle et non pas à sa sœur de décider si elle doit participer à cette bataille ou non. Lorsqu’ Anya est encore Anyanka, elle en est au même point que Willow à la fin de la saison 6. Elle a le pouvoir, mais elle s’est coupé de l’humanité. Elle se fait un devoir de venger des femmes bafouées mais elle ne fait que détruire. Puis malgré elle, elle perd son pouvoir. Forcée de renouer ses liens avec l’humanité, elle renoue des liens avec les hommes, en particulier Xander. A mesure qu’elle se recrée un image plus positive des hommes au travers de Xander (qu’elle consent à épouser) elle s’investit de plus ne plus dans la défense de l’humanité. Puis Xander la trahit et elle redevient un démon. Cependant quelque chose a changé en elle. La vengeance ne la satisfait plus comme avant. Et cette fois-ci elle choisit de renoncer à son pouvoir (sur les autres) pas à cause de sa connection à un seul homme, mais à cause des liens qu’elle a retissé avec l’humanité. Elle tourne le dos à son pouvoir car son pouvoir n’est que destruction. Au bout du compte ce n’est pas à cause de Xander qu’elle change complètement mais sans ce premier attachement positif à un homme elle n’aurait pas retrouvé son humanité.

Buffy et Faith, sont des tueuses. En tant que telles, elles ont le pouvoir. Normalement le conseil des observateurs (autorité patriarcal par excellence) a un pouvoir sur elles et décide de leur façon de mener leur vie (selon les règles des observateurs, une tueuse n’a en fait pas de vie en dehors de sa mission). Cependant elles sont trop puissantes pour ne pas se débarrasser de l’autorité du conseil très rapidement une fois qu’elles l’ont décidé. Elles n’ont pas à acquérir le pouvoir, elles n’ont pas à conquérir le pouvoir, le pouvoir est là. On a pas à se poser de question, elles l’ont aussi naturellement que pourrait l’avoir un homme. Ce n’est pas pour rien que Faith est le personnage féminin le plus codé masculin et que Buffy à la dualité interne masculine (la tueuse) / féminine (la jeune fille / femme) la plus développée. Avec ces deux personnages on s’éloigne de la thématique habituelle du féminisme, on passe à l’étape suivante : qu’est-ce que ca implique d’avoir le pouvoir, comment s’en servir  ? Buffy et Faith commence là où Willow arrive lors de la septième saison.

Faith accueille ce pouvoir à bras ouvert et en profite le plus possible. Tout comme Willow, elle ne cherche à comprendre les conséquences de ce pouvoir. Mais où Willow avait l’excuse d’être trop concentrée sur sa conquête du pouvoir, Faith fait juste preuve de négligence et fini par abuser de son pouvoir. Faith ne fait pas preuve d’un comportement typiquement masculin ou féminin, elle fait juste preuve d’un comportement typiquement humain.

Buffy, elle, est plus circonspecte. Au début de la série, elle n’est pas sur d’en vouloir de ce pouvoir. Elle se rend compte que ca risque de rendre sa vie plus compliquée. Elle aurait tendance à penser que sa vie serait plus simple sans ce pouvoir. Peut-être moins intéressante mais plus simple. Tout comme on pourrait penser que la vie des femmes il y a un siècle était plus simple, moins intéressante mais plus simple. C’est pas franchement certain que ce soit vrai, parce qu’il y a des chances que ce soit plus facile de vivre quand on a un minimum de contrôle sur vie, mais qui dit contrôle dit choix, réflexions, décisions et responsabilités. Et il est vrai que parfois ca peut être pesant. Pour Buffy ce pouvoir signifie responsabilités pour elle-même, pour les autres et pour le monde, ce qui représente un poids certain. Cependant lorsqu’elle est menacée de perdre ce pouvoir (une première lorsque à cause Kendra dans What’s my line ? p1&2, la deuxième fois dans Helpless) elle se rend compte qu’elle y tient. Grâce à Kendra puis Faith, elle comprend que son choix n’est pas d’avoir ou non le pouvoir (de toute manière ce choix-là elle n’en veut pas réellement) mais parce qu’elle à un pouvoir inamovible elle peut choisir la façon de s’en servir. Elle apprend que parfois le plus dur ce n’est pas d’avoir le pouvoir mais d’avoir le courage et la volonté de s’en servir. Buffy n’est pas forte parce qu’elle a le pouvoir, elle est forte parce qu’elle a le courage de vivre avec. Le meilleure exemple est certainement la sixième saison. Buffy passe un an en dépression, l’ombre d’elle-même, elle ne sait plus comment vivre. Il y a même des moment où elle n’a plus la force de vivre. Pourtant elle n’a jamais perdu son pouvoir. Elle n’a jamais cessé d’être la tueuse. Elle a juste cessé d’être la jeune femme qui avait la force d’être la tueuse. En contrepartie, elle apprend dans la 7ème saison, qu’elle ne peut pas demander aux autres d’être aussi fortes qu’elle si elles n’ont pas au départ le même pouvoir qu’elle. Elle ne peut pas leur apprendre à être forte sans leur donner les moyens de l’être. Force et pouvoir ne sont pas la même chose. Mais c’est plus facile (et efficace) d’exprimer sa force si on a le pouvoir de le faire. Dernière leçon, mais ca Buffy l’a toujours su, elle l’a juste oublié un temps à cause des circonstances, une personne ne se résume pas à son pouvoir et à sa force. Une femme, une fois qu’elle a le pouvoir de se servir de sa force, n’est pas obligé d’en faire toujours étalage pour rester une femme forte. Il lui suffit de s’en servir au bon moment.

Comme le dit Buffy au début de la saison 7, c’est une question de pouvoir (It’s about power). Mais la question n’est plus tant de savoir qui l’a ou non que de savoir ce que les personnages vont en faire.

 

 

Et pour finir je passe à un sujet complètement différent. Avec mon dernier article j’ai eu mon premier commentaire. Ca me fait très plaisir mais je suis un peu embarrassée car je ne sais pas très bien quels sont les usages pour répondre aux commentaires. Comment peut-on pour créer un dialogue sur l’article plutôt qu’un échange de bons procédés ou chacun laisse un commentaire sur le blog de l’autre ?

 
Par elimor
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